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Guide · mis à jour le 2 octobre 2026

Lettre d'augmentation de loyer : 4 modèles prêts à envoyer

Révision annuelle, révision demandée en retard, contestation du locataire, hausse au renouvellement du bail : chaque situation a sa lettre, ses délais et son mode d'envoi. Les quatre modèles ci-dessous se remplissent et se calculent tout seuls.

Une lettre d'augmentation de loyer est le courrier par lequel le propriétaire informe son locataire du nouveau montant du loyer. Ce n'est pas une formalité facultative : selon service-public.gouv.fr (fiche F1311, consultée le 2 octobre 2026), « la révision annuelle du loyer n'est pas automatique. Le propriétaire doit en informer le locataire par un courrier ». Sans lettre, pas de hausse. Pour connaître le montant avant de rédiger, utilisez notre simulateur de révision du loyer selon l'IRL.

Quelle lettre envoyer selon votre situation ?

SituationQui écritDélaiEnvoi conseillé
Révision annuelle selon l'IRLBailleurÀ la date de révision du bailRecommandé AR
Révision demandée en retardBailleurAu plus tard 1 an après la date de révisionRecommandé AR
Contestation d'une erreur de calculLocataireAction en justice possible pendant 3 ansRecommandé AR
Hausse d'un loyer sous-évalué au renouvellementBailleurReçue au moins 6 mois avant la fin du bailRecommandé AR, commissaire de justice ou main propre (obligatoire)

Sources : service-public.gouv.fr, fiche F1311 (vérifiée le 8 août 2025) et fiche F1312 (vérifiée le 1er août 2026), consultées le 2 octobre 2026.

Modèle 1 : la lettre de révision annuelle du loyer

C'est le cas le plus courant. Le bail contient une clause de révision, la date anniversaire arrive, et le bailleur applique la variation de l'indice de référence des loyers. La formule est fixée par l'article 17-1 de la loi du 6 juillet 1989 : loyer actuel × nouvel IRL ÷ IRL du même trimestre un an plus tôt, résultat arrondi au centime.

Exemple repris de la fiche F1311. Un bail signé le 20 juillet 2025 à 600 € hors charges, indexé sur le 2e trimestre : 600 × 148,37 ÷ 146,68 = 606,91 € à partir du 20 juillet 2026, si la lettre part à cette date.

Une bonne lettre de révision contient : l'identité des deux parties, l'adresse du logement, la date d'effet, les deux indices avec leur trimestre, le calcul détaillé, le nouveau loyer hors charges, et la mention que les charges ne changent pas. Le générateur ci-dessous les intègre.

Générer la lettre de révision

 

Les indices utilisés sont ceux de la métropole. En Corse et dans les DOM, l'IRL a des valeurs propres (Corse : 146,22 au 2e trimestre 2026, service-public.gouv.fr, fiche F1311) : remplacez-les dans la lettre.

Modèles 2 à 4 : révision tardive, contestation, renouvellement

Choisissez l'onglet qui correspond à votre cas. Chaque modèle vérifie d'abord les délais légaux et vous prévient si la lettre ne peut plus produire d'effet, au lieu de vous laisser envoyer un courrier inutile.

Générer un autre modèle de lettre

Pour le bailleur qui n'a pas demandé la révision à la date prévue. La hausse partira de la date de votre lettre.

 

Révision tardive : ce que la lettre doit dire

Le bailleur qui a oublié la date de révision peut encore la demander pendant un an. Mais selon la fiche F1311, « la révision de loyer ne s'applique pas rétroactivement, mais seulement à partir de la date de la demande ». L'exemple officiel : pour une date de révision au 13 mars 2025, la demande est possible jusqu'au 12 mars 2026 ; envoyée le 13 juin 2025, elle n'augmente que les loyers à partir de cette date. Votre lettre doit donc fixer la date d'effet au jour de l'envoi, jamais avant.

Plusieurs années sans révision ne se rattrapent pas en une seule lettre : seule la révision de l'année en cours reste possible. Le calculateur de rattrapage de révision du loyer vous donne la date limite et le montant déjà perdu.

Locataire : contester une erreur de calcul

Avant d'écrire, vérifiez trois points : le trimestre utilisé est bien celui du bail, les deux indices sont du même trimestre à un an d'écart, et la hausse ne démarre pas avant la date de la demande. Si l'un des trois est faux, la lettre de contestation est justifiée. Elle doit décrire les faits et joindre les pièces (bail, avis de révision, valeurs de l'IRL).

La procédure officielle, selon la fiche F1311, se fait en trois temps pour un litige jusqu'à 5 000 € : un courrier recommandé de mise en demeure (facultatif), puis une démarche amiable obligatoire devant la commission départementale de conciliation ou un conciliateur de justice (gratuits), enfin le juge des contentieux de la protection, dans les 3 ans qui suivent la date de révision contestée. Continuez à payer le loyer au montant que vous estimez correct : ne cessez jamais de payer.

Hausse au renouvellement (article 17-2) : une lettre très encadrée

Lorsque le loyer d'un logement vide est manifestement sous-évalué, le bailleur peut proposer un nouveau loyer au renouvellement du bail. D'après la fiche F1312 (vérifiée le 1er août 2026), la lettre n'est valable que si elle respecte toutes ces conditions :

  • Délai : reçue par le locataire au moins 6 mois avant la fin du bail. Le délai court à partir de la réception, pas de l'envoi.
  • Forme : lettre recommandée avec demande d'avis de réception, acte de commissaire de justice ou remise en main propre contre récépissé ou émargement.
  • Contenu : le nouveau loyer proposé, la liste des références de loyers comparables (au moins 6 dans une agglomération de plus d'un million d'habitants, au moins 3 ailleurs), et le texte intégral de l'article 17-2 I recopié, « sinon la proposition n'est pas valable ».
  • Pas de congé en parallèle : le bailleur qui propose un loyer réévalué ne peut pas donner congé pour la même échéance.
  • Logement F ou G : toute hausse au renouvellement est interdite depuis le 1er juillet 2024 (depuis le 24 août 2022 en métropole).

Le locataire répond au plus tard 4 mois avant la fin du bail ; « l'absence de réponse de la part du locataire vaut refus ». En cas de désaccord, la commission départementale de conciliation est saisie et rend son avis en 2 mois ; le juge doit ensuite être saisi avant la fin du bail, faute de quoi le bail est reconduit à l'ancien loyer. Si un accord est trouvé, la hausse s'applique par tiers ou par sixième chaque année : le générateur calcule cet échéancier. Dans les villes à encadrement des loyers (Paris, Lyon, Lille, Bordeaux, Montpellier…), la procédure est différente : vérifiez d'abord votre loyer avec le simulateur d'encadrement des loyers.

Comment envoyer la lettre : recommandé, e-mail ou main propre ?

Mode d'envoiRévision annuelleRenouvellement (art. 17-2)
Lettre recommandée avec ARRecommandé par service-publicValable
Remise en main propre contre récépisséPossible, gardez le récépissé datéValable
Acte de commissaire de justicePossible, coûteuxValable
E-mail simplePossible, mais preuve de date fragileNon valable

Sources : service-public.gouv.fr, fiches F1311 et F1312, consultées le 2 octobre 2026.

Pour la révision annuelle, la date de la lettre fixe le point de départ de la hausse : c'est elle qu'il faut pouvoir prouver. Le recommandé avec accusé de réception reste le choix le plus sûr. Un e-mail peut suffire si le locataire répond pour en accuser réception, mais un litige sur la date se règle mal avec une simple capture d'écran.

Quant à la lettre recommandée électronique (LRE), service-public.gouv.fr l'admet pour le congé donné par le propriétaire, à condition que le locataire particulier ait accepté ce mode d'envoi au préalable (fiche F929, vérifiée le 1er juin 2026). La fiche F1312 ne la cite pas pour la proposition de réévaluation (voir plus bas).

Les erreurs qui rendent une lettre d'augmentation contestable

  1. Se tromper de trimestre. L'indice à utiliser est celui du trimestre indiqué au bail, comparé au même trimestre de l'année précédente. Prendre le dernier indice publié quel que soit le trimestre est l'erreur la plus fréquente.
  2. Antidater la hausse. Écrire « à compter du 1er janvier » dans une lettre envoyée en mars ne rend pas la hausse rétroactive : elle part de la date de la demande.
  3. Cumuler les années oubliées. Aucune lettre ne peut rattraper deux ou trois révisions passées.
  4. Réviser la base charges comprises. L'IRL s'applique au loyer hors charges ; les charges suivent leur propre régularisation. En revanche, un complément de loyer se révise avec le loyer de base (fiche F1311).
  5. Augmenter un logement F ou G. La révision est interdite pour un bail signé, renouvelé ou reconduit depuis le 24 août 2022 en métropole (fiche F1311).
  6. Oublier une mention obligatoire au renouvellement. Sans le texte de l'article 17-2 I ou sans les références de loyers, la proposition tombe.
  7. Utiliser l'indice de la métropole en Corse ou dans les DOM. Les valeurs diffèrent ; la variation annuelle, elle, est identique.

Pour tout savoir sur les montants autorisés cette année, les règles de la relocation et le gel des passoires thermiques, lisez notre guide de l'augmentation de loyer en 2026.

Ce que nous ne pouvons pas vous dire

  • Le texte exact de l'article 17-2 I. Nous ne le reproduisons pas dans le modèle : une version recopiée ici pourrait devenir obsolète après une modification de la loi, et une version périmée rendrait votre proposition contestable. Copiez-le sur Légifrance le jour de l'envoi.
  • La validité de la LRE pour une proposition de réévaluation. La fiche F1312 liste trois modes d'envoi sans la mentionner. En l'absence de texte explicite que nous ayons pu vérifier, préférez le recommandé papier.
  • Les cas particuliers. Logements sociaux, conventionnés Anah, soumis à la loi de 1948 et baux meublés au renouvellement suivent des règles propres, que ces modèles ne couvrent pas. L'ADIL de votre département vous renseigne gratuitement.

Questions fréquentes

Le propriétaire doit-il envoyer une lettre pour augmenter le loyer ?

Oui. La révision annuelle n'est pas automatique : le bailleur doit en informer le locataire par un courrier, de préférence en lettre recommandée avec accusé de réception. Tant qu'il ne l'a pas fait, l'ancien loyer reste dû (service-public.gouv.fr, fiche F1311).

Une lettre d'augmentation de loyer peut-elle être envoyée par e-mail ?

Pour la révision annuelle, aucun texte n'impose une forme précise, mais un e-mail prouve mal la date de la demande, qui fixe le point de départ de la hausse. Pour une réévaluation au renouvellement du bail, l'e-mail ne suffit pas : la proposition doit être faite par lettre recommandée avec avis de réception, acte de commissaire de justice ou remise en main propre contre récépissé (fiche F1312).

Combien de temps le propriétaire a-t-il pour envoyer la lettre de révision ?

Un an après la date de révision prévue au bail. La hausse s'applique à partir de la date de la demande, sans rétroactivité. Passé un an, la révision de l'année est perdue (fiche F1311).

Le locataire doit-il répondre à une lettre d'augmentation de loyer ?

Pour une révision annuelle correctement calculée, non : elle s'impose si le bail contient une clause de révision et que le logement n'est pas classé F ou G. Pour une proposition de hausse au renouvellement, le locataire a jusqu'à 4 mois avant la fin du bail pour répondre, et son silence vaut refus (fiche F1312).

Que faire si la lettre contient une erreur de calcul ?

Le locataire écrit au bailleur, idéalement en recommandé, avec le calcul corrigé et les indices INSEE. Sans accord, il saisit la commission départementale de conciliation ou un conciliateur de justice, démarche gratuite et obligatoire avant le juge pour un litige jusqu'à 5 000 €. Le juge peut être saisi dans les 3 ans suivant la date de révision contestée (fiche F1311).

Sources et méthode

  • Service-public.gouv.fr, fiche F1311 « Augmentation et révision du loyer en cours de bail d'habitation », vérifiée le 8 août 2025, consultée le 2 octobre 2026 : voir la fiche.
  • Service-public.gouv.fr, fiche F1312 « Loyer sous-évalué d'un logement : hausse au renouvellement du bail », vérifiée le 1er août 2026, consultée le 2 octobre 2026 : voir la fiche.
  • Service-public.gouv.fr, fiche F929 « Préavis et formalités du congé donné par le propriétaire », vérifiée le 1er juin 2026 : voir la fiche.
  • INSEE, indice de référence des loyers, série 001515333, relevée le 2 octobre 2026 : voir la série.
  • Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, articles 17-1 et 17-2, sur Légifrance : voir le texte.

Les générateurs utilisent les mêmes fonctions de calcul que nos simulateurs ; les échéanciers d'étalement reproduisent les deux exemples chiffrés de la fiche F1312. Détail des calculs et des mises à jour : méthodologie.